Soho Fluxus le nouveau loft district (partie 1)

Lorsque Soho réussi dans les années 1950 et plus visiblement au début des années 1960 a passer d’un terrain vague à l’un des quartiers les plus culturellement riches de New York, et ce parce que les artistes, attiré par les grands espaces au prix modeste de cette zone en reconversion, commencèrent à emménager dans ce LOFT DISTRICT, considéré alors comme étant au bord du déclin.

Comment a été engendrée cette transformation ? Pourquoi ces artistes ont-ils choisi Soho ? Quelles sont les forces externes ayant permis aux artistes de vivre dans Soho ?

Au milieu du 20eme siecle, Soho est un quartier en voie de destruction ce qui en fait un espace immobilier bon marché pour les artistes. Le parc immobilier était condamné, les loyers étaient par conséquent très bas.
Les lofts (qui étaient initialement des locaux commerciaux) sont mis à l’abandon par les petits fabriquant quittant leur secteur d’activité ou cherchant à s’installer dans des locaux mieux adaptés aux exigences de la sécurité et aux techniques nouvelles de production.

Dans les années 50 on connaissait déjà plusieurs Loft district occupés par des artistes à Manhattan, notamment à Chelsea, au West Village, à l’East Village, dans le Bowery, à Coenties Slip, ainsi que dans d’autres quartiers du Bas Manhattan.
Dans les années 1960, le secteur industriel de Soho se situant entre Canal Street et Houston Street était l’un des derniers à offrir encore des lofts inoccupés.
La disponibilité de ces grands espaces pouvant être utilisés comme résidences de travail à faible loyer, et les étages spacieux des ces bâtiments de fonte correspondaient tout à fait à ce que cherchaient les artistes à l’époque.

L’émergence de Soho en tant que centre d’art dans les années 60 est étroitement liée à George Maciunas, un artiste Lithuanien né en 1931, architecte de formation et artiste graphique leader du mouvement artistique FLUXUS.
Les artistes du mouvement Fluxus, dont la pratique se caractérisait surtout par le videoart et les performances, nécessitaient de vastes espaces de travail pour produire des œuvres de taille géante ou faire des Happenings (tout comme les expressionnistes abstraits , surréalistes , minimalistes et artistes pop)

Il faut savoir que dans les années 60, le quartier de Soho était encore menacé de destruction ; des plans de rénovation urbaine avaient déjà été faits pour le secteur.
Lorsque George Maciunas arriva à Soho, il n’y avait pas de population d’origine à remplacer et la vie de quartier était inexistante.

Son idée d’acheter des immeubles de lofts obsolètes à faible coût et de les transformer en coopératives d’ateliers d’artistes sous le modèle des coopératives agricoles en fait l’un du premier artiste à avoir contribué à la gentrification du quartier de Soho.
Son idée était au service non de l’immobilier, mais de l’art .

En 1966, un premier bâtiment de lofts fut acquis par Maciunas au 80 Wooster Street et aménagé l’année suivante en ateliers pour les besoins d’ une « FLUXHOUSE COOPERATIVE », bâtiment où les artistes pourraient vivre, travailler et partager leur ressources.

Conçu par l’architecte G.A. Schellinger et par la société immobilière Boehm & Coon construit en 1894 dans le style « Beaux Arts », ce premier « co-op » d’artiste est un bâtiment en briques avec des composants casting de fer ayant coûté à l’origine $ 105 000 . Typique de sa génération , il s’agit d’un bâtiment d’entrepôt de sept étages dont la fonction originale était commerciale. Il abritait des magasins et servait également d’entrepos ; usine de poupée, boite de papier, recyclage de tissu et entreprises familiales.
Lorsque l’immeuble fut devenu , comme beaucoup de ses voisins , fonctionnellement obsolètes, il fut vendu par son occupant d’alors, un fabricant de cartons (Miller Carton Société, propriétaire depuis 1931) à la coopérative d’artiste réunis par Maciunas au prix de 2000 dollars par etage

Le milieu de la contre culture Newyorkaise etant assez restreint, l’idée se propage rapidement, dés lors, Maciunas réussi organiser en tout une vingtaine de « CO-OPS » d’ateliers d’artiste à Soho.

Nam June Paik Performance at 80 Wooster Street. November 17, 1974. Photo by Peter Moore (C) Esate of Peter Moore:Vaga, New York, NY

Des centaines d’artistes dont Trisha Brown , Richard Foreman , Allen Ginsberg , Philip Glass , John Lennon , Yoko Ono , Nam Juin Paik et Andy Warhol ont montré leur travail dans et autour des Fluxhouse.
Beaucoup d’entre eux allaient jusqu’à réclamer aux parents et amis l’emprunt des 3000 $ à 5000 $ nécessaires pour acheter un espace dans cette de vie clandestine.

Car il faut savoir que vivre dans les bâtiments industriels ou commerciaux était, à cette date, tout à fait illégal. À la difficile reconversion de ces espaces inhabitable en espace utilisable où l’on pouvait travailler ou vivre, s’ajoutait ainsi la menace constante des amendes liées à l’illégalité de leurs situations.

Mais cela leur importait peu, bien qu’il ne soit pas facile de vivre dans ces conditions.
Ce souci constant, au lieu de les effrayer à finalement généré un solide engagement envers le maintien de leur quartier, ce qui a permis à une communauté de se développer, à établir de nouvelles relations entre les individus, la création des réseaux sociaux et d’échange d’informations pour créer et maintenir la communauté.

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