L’autoroute, une culture américaine cinématographique.

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Robert Kramer, Road One

 

« Plongées autoroutières et super tubes sur la stéréo-Chrysler et vague de chaleur – la photo ponctuelle n’y suffit plus – il faudrait avoir le film total, en temps réel du parcours, y compris la chaleur insupportable et la musique, et se reprojeter tout cela intégralement chez soi, en chambre noire – retrouver la magie de l’autoroute et de la distance, et de l’alcool glace dans le magnétoscope chez soi, en temps réel- non pour le seul plaisir du souvenir, mais parce que la fascination d’une répétition insensée est déjà la, dans l’abstraction du voyage » Jean Baudrillard : Amerique, Editions Grasset et Fasquelle, 1986.

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Serlio’s Tragic scene : Sprawl Town, Looking for the city on Its Edges, Richard Ingersoll

 

L’avènement de la voiture a profondément modifié la perception de la ville, l’échelle de la rue n’est plus adaptée. L’espace urbain qui était autrefois contenu est désormais sans limite. L’échelle piétonne, référant au mouvement d’un corps dans l’espace est chamboule par l’explosion du rapport temps/espace de la voiture. On passe de l’analogie théâtrale de la ville piétonne, a l’urbanité cinématographique. En effet depuis 1920, l’automobile est omniprésente dans les films, elle permet a la camera de filmer ce qu’elle fait de mieux, le mouvement. Il n’est dalleurs pas étonnant de constater que le terme américain pour film soit « movies ». La voiture est un outil narratif et un symbole dans le cinéma.

 

L’importance de la voiture dans les films est tel qu’elle a générée un nouveau genre, le road movie dans lequel le périple routier est le fil conducteur du scenario: It happenned one night (1934), The Asphalt Jungle (1950), Psycho (1960), Lolita (1962), Bonnie and Clyde (1967), Thelma and Louise (1992) n’est sont que quelques exemples des plus connues.

 

Robert Kramer dans The Road, one réalise une incroyable fresque de près de quatre heure, pourtant simple fragment d’un flux monumental de 65 heures d’images. Ce film narre l’histoire de Doc qui entreprend un long voyage sur la route one, c’est une traversée de 5000 kilomètres le long de la cote Atlantique qui s’apparente a un voyage en lui-même, une remise en cause de ses engagements et de ses dérives.

 

Anna Speakman – Marie Berneau

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