Constitution d’un regard face au choc des cultures

Ce sujet se propose d’interroger la constitution d’un regard face à l’altérité ainsi que son évolution au fur et à mesure des rapports entre les peuples indiens d’Amérique du nord et les « blancs », américains ou européens les ayant rencontrés depuis le 16 ème siècle.

Nous avons choisi d’étudier ces rapports au travers de trois ouvrages différents de par leur nature littéraire.

Le premier est un Roman de James Fenimore Cooper, Le dernier des Mohicans paru en 1826 mais dont l’histoire se déroule en 1757.

Le second est constitué d’un recueil de nouvelles : Contrée Indienne, écrit par Dorothy M.Johnson et publié en 1953.

Ces deux premiers ouvrages nous ont amené à penser qu’il serait intéressant de les confronter à un troisième décrivant cette fois la situation inverse, du regard d’un indiens vis-a-vis de la culture de « l’homme blanc » dans la perspective d’en tirer des indications sur les perceptions mutuelles dans le rapport à l’autre, à quelqu’un de différent de nous.

Cet ouvrage s’intitule De mémoire indienne. Sa réalisation en 1976 a été rendu possible par la collaboration d’un indien, Tahca Ushte , et d’un ethnographe Hongrois qui s’est consacré tout au long de sa vie à la défense des Indiens d’Amérique du Nord : Richard Erdoes.

Nous cherchions à savoir si ces peuples que tout oppose avaient en fait un point commun qui était précisément leur façon de se considérer mutuellement, et ce au travers des qualifications de « l’autre » venant d’une américaine, d’un européen et d’un indien, dans les 3 ouvrages que nous avons sélectionné.

D’autres supports sont intervenus dans notre recherche, notamment l’exposition :  « Indiens des plaines », de la collection du musée du Quai Branly ; ou encore d’autres ouvrages moins en lien avec notre sujet s’étant spécifié autour de l’altérité comme La pensée sauvage de Claude Lévi-Strauss. En effet les ethnologues, bien qu’influencés par leur propre culture, savent qu’il est nécessaire de s’en dégager afin d’analyser les coutumes et croyances d’un peuple qui leur est inconnu. Ils se doivent d’adopter une sorte de neutralité culturelle leur permettant de juger au mieux ceux qu’ils étudient, sans préjugés, bannissant tout ethnocentrisme. Or, ce que nous cherchions au travers des livres était justement la façon naturelle et plus ou moins instinctive de désigner, de qualifier l’autre du premier regard à l’établissement d’une relation. Voila pourquoi notre choix s’est majoritairement tourné vers des romans largement inspirés du réel. En effet les auteurs que nous avons choisis, Dorothy Johnson et Fenimore Cooper ont tout deux grandi dans l’atmosphère de ces confrontation culturelles.

Dorothy M. Johnson, sociologue et écrivain, est née en 1905 dans l’Iowa. Elle a vu vivre les pionniers, hommes et femmes, blancs et indiens, dans leur quotidien le plus rude. Elle a écouté les légendes de ces terres sauvages et s’est peu à peu intégrée à la culture des indiens, notamment celle des BlackFeet au point de s’être vue acceptée entant que membre à part entière du groupe.

Fenimore Cooper, voit le jour en 1789 dans un village fondé par son père (la Cooperstown), communauté coloniale isolée au centre de l’état de New-York. Le compté est alors encore une « terre de pionniers », assiégé par la nature et visité par les iroquois. Fenimore Cooper aura durant son enfance l’occasion de rencontrer le groupe des Oneidas ou encore celui des Delaware. Malgré des rapports amicaux entre ces peuples et les colons, ces derniers s’inquiètent de la présence indienne.

Fenimore Cooper, tout comme Dorothy Johnson, entendra les histoire des rencontres sanglantes avec les indiens, ce qui, affublés d’une mémoire indienne, les aura marqué à jamais.

 

Laura Jacquot & Romane Delarue

 

l

 

Red Cloud, vers 1880, Chef Lakota Oglala (Sioux)

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