L’IMPACT DE LA CONTRECULTURE SUR LE PAYSAGE NORD AMERICAIN

 

Drop City

L’instabilité des années soixante donne naissance à des réactions au sein d’une partie de la population. En effet, sur un fond de guerre froide, la politique américaine est particulièrement bouleversée. Au travers de l’assassinat de Kennedy, la guerre du Vietnam ainsi que l’affaire Watergate, des mouvements de contestation se forment. Vont apparaître aussi bien les féministes, les défenseurs de la cause noire que des mouvements plus marginaux, les beatniks, les hippies… Toutes ces personnes, appartenant en majorité à la jeunesse, expriment communément un rejet de l’ American Way of Life.

Partant d’un rassemblement dans un quartier de San Francisco qui donnera naissance au Summer of Love en 1967, de nombreux artistes se joignent à ces jeunes. De grand évènements s’organisent alors tels que Woodstock en 1969 et The Rainbow Gathering portant ces mouvements sur le devant de la scène internationale.

A cette même période, les médias (radio, télévision et presse notamment) commencent à prendre une place importante. Des informations jamais divulguées auparavant se retrouvent à la vue du pays entier (guerre du Vietnam). S’ajoute donc à cette instabilité ambiante un rejet d’ une société dans laquelle une partie de la population ne se reconnaît plus.

Ces mouvements de contre culture donnent naissance à des communautés rejetant cette société des années 60 et 70. Ces groupes de gens quittent la ville afin de construire un nouveau Way of Life. Dans sa thèse sur la communauté de la baraque en Belgique, l’architecte Elie Pauporte écrit :« Une dissidence nouvelle aborde des terrains vierges où elle explose de vitalité débordante. ».

L’émergence de contres cultures « hippies » et la montée de pensées écologiques s’opposant à la société de consommation et à la politique de normalisation de la culture, entrainent la création de groupes plus soucieux du territoire. L’idéologie autour du Back to the Land (Bolton Hall), inspirée entre autres de l’oeuvre Walden ou la vie dans les bois de Henry David Thoreau, est source d’inspiration et lance un mouvement général vers les territoires sauvages. Drop City est la première ville crée dans cette veine. Ce nouveau style de vie donne lieu à l’apparition d’organisations communautaires. Ceux-ci s’organisent en développant un système sociétal parallèle cherchant une certaine autonomie. Cette dernière demeure cependant liée à la société traditionnelle : les artistes de Drop City (peintres, écrivains, musiciens…) enseignent dans les universités voisines afin de partager leur vision et subvenir également à une partie de leurs besoins.

La communauté The farm parvient rapidement à une autosuffisance en organisant précisément le travail des champs, le surplus étant revendu pour acheter des machines agricoles. Bien que le phénomène prenne de l’importance, des regroupements isolés apparaissent également. On constate cependant qu’aucune de ces communautés ne parviendra à vivre en autarcie complète. La dimension économique crée des liens avec la société à différentes échelles. On peut formuler l’hypothèse que les communautés qui perduraient disposaient d’un règlement similaire à celui de la communauté de Bob Fitch : « Bob Fitch s’efforce de définir les conditions minima que doit remplir une commune qui veut vivre :

  1. Une base économique fondée sur la vente d’un produit ou un revenu personnel

  2. Une acquisition de propriété ou une base juridique suffisante pour se défendre contre les autorités locales (la police multiplie les raids pour disloquer les communes)

  3. Le paiement régulier des factures

  4. Playing it cool with Drugs : L’usage à bon escient des drogues devant les étrangers et la nécessité de précautions en prévisions des raids

  5. La présence d’adultes ayant expérimenté l’ ensemble de la vie Hip

  6. Une période d’ amitié ou d’initiation préalable à l’organisation communale

  7. Un effort pour établir des liens positifs avec le voisinage

  8. La prédominance de ce qui peut être créé sur ce qui peut être expérimenté. »

De ces nouveaux mouvements sur le territoire naît une recherche vernaculaire d’architecture. Trouver des habitats véhiculant un idéal de vie, répondant à un critère adaptabilité et de budget, est devenu une priorité pour ces communautés.

La construction devient alors un moyen d’émancipation de cette société consumériste. Ces hommes se retrouvent à devoir s’approprier un territoire pour vivre pleinement leur utopie. Une architecture très singulière se développe par des personnes n’étant pas forcément des architectes de formation. Elle est repensée en opposition à l’expansion urbaine. Différents corps de métiers se rencontrent pour penser et produire une architecture vernaculaire.

L’architecture générée dans ces milieux libres s’affranchissant d’un conformisme formel par un acte non programmé, mais répondant toujours à un ordre fonctionnel. Elie Pauporte écrit « elle est le fruit d’une conception non planifié, d’un processus de réalisation et non d’un projet ».

Le Taylor Camp est une communauté autogérée composé de treize hippies qui se sont installés à Hawai en 1979 qui durera plus de huit ans. Dans cette baie paradisiaque, ces hommes et femmes ont du se construire un habitat de A à Z. Apparait alors la « maison du paradis », refuge primaire en accord total avec son environnement faisant écho aux cabanes déjà célèbres dans histoire comme celle de Walden, de Robinson Crusoé ou encore celle de Kit et Holly dans Badlands, film de Terrence Malick racontant la fuite d’un couple plongé dans la spirale de l’homicide.

Nombreuses sont les architectures vernaculaires artisanales qui se développent à cette période plus soucieuse de l’environnement. Parmi celle ci, la « Homemade House » aux Etats Unis prend une nouvelle dimension dans les années 60. Des notices sont écrites pour être diffusées dans tous le pays afin que les communautés puissent se construire aussi bien leurs abris que du savon…

De la même manière que Walden qui prend le temps de réfléchir où sa cabane prendra place dans son champs, l’architecture et la relation avec le territoire est réfléchie par ces communautés qui ont pu compter pour certains sur l’aide de scientifiques et d’architectes.

Pierre de Pins

Paul Pascaud

Barthélémi Zha

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s