Le parc des loisirs, un monde fermé pour une richesse interne

Le parc à thèmes comme une micro ville 

Comme la ville, le parc est une concentration de population, et le lieu où se croise différentes fonctions et services (commerces, loisirs, hôtels, restaurants…). Mais cette comparaison avec la ville n’est pas seulement d’ordre métaphorique. En effet, le parc, même s’il ne fait pas parti au préalable d’un projet urbain, suit des règles d’organisation rationnelles, cohérentes à sa fonction de commerce et de loisir. D’ailleurs, plus le parc est grand plus la comparaison avec la ville est juste puisque ses fonctions se diversifient, se renforcent.

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Le monorail de EPCOT Center, de l’entreprise Disney

 Le parc à thèmes en rupture avec la ville

On peut associer au parc de loisirs, une image de « bulle », dans le sens où il existe en tant que monde clos, afin de créer une richesse interne. Cette richesse, elle se définit comme isolée de la ville, en rupture émotionnelle et physique, dont la clôture en est le symbole. Le parc ignore la ville qui l’entoure. Cette distinction en entre la bulle et le reste de la ville est matérialisée l’insertion formelle du parc, selon la continuité ou non des voiries, de la trame… On observe alors 3 types d’implantation par rapport à la ville américaine :

–          la rupture avec la grille, l’exemple de Disneyland

–          la transition entre la grille et la nature, l’exemple d’Hershey Park

–          l’isolement, l’exemple de Coney Island

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Leur isolement peut marquer la fin d’un voyage, dont Coney Island est le meilleur exemple. Rem Koolhaas, dans Delirious New-York, en parle comme un appendice, un Manhattan embryonnaire. Mais ce type d’implantation perdure aujourd’hui avec Cedar Point dans l’Ohio par exemple.

A l’intérieur du parc, la différence avec la ville s’amplifie, l’aménagement est alors plus complexe, comme un labyrinthe qui serait le support pour invoquer l’imaginaire. Ce labyrinthe est possible puisque dans le parc la mobilité est uniquement piétonne, la voiture étant réservée à la ville. Une déambulation pittoresque, où se côtoient les visiteurs temporaires (ceux qui se divertissent), et permanent (ceux qui divertissent). Ces derniers font partis d’une machinerie qui permet au parc de fonctionner dans sa simulation.

Un nouveau monde interne basée sur un décor

Les attractions, en tant qu’objets, ne sont pas l’enjeu majeur des parcs, il faut d’abord que le parc attire pour lui-même. Le thème permet alors de les singulariser, un concept qui créé une cohérence interne, comme un fil conducteur le temps de la visite. Le thème est alors un prétexte puisque tout peut-être thème : animalier, aquatique, lilliputien, freak, miniaturisation de monument, zombie, sciences, far west, cinéma…

Ainsi, le parc plante un décor, une scénographie généralisée, où l’architecture et l’espace sont modelés afin de répondre au mieux à l’idée globale du thème.

De même la mise en scène programmée, que ce soit dans le déguisement des personnes qui y travaillent aux situations de spectacle inattendu, tout est prévu pour dessiner un univers enchanteresse et impossible dans la « vrai » ville.

Comme l’explique l’écrivain italien Umberto Eco, dans son recueil La guerre du faux de 1987, c’est un théâtre total, avec des vrais humains, dont chacun est conscient du faux, mais que l’illusion doit quand même perdurer, car c’est bien le sujet du parc:  le plaisir de l’imitation, les Anciens le savaient déjà, est l’un des plus inhérents à l’âme humaine, mais ici, outre le fait de jouir d’une imitation parfaite, on jouit de la persuasion que l’imitation a rejoint son apogée et que maintenant, la réalité sera toujours inférieure.  Umberto Eco.

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Les décors de Disney Land de Californie

A travers ses imitations, le parc est un lieu singulier où le temps et l’espace se juxtapose. C’est un univers qui nécessite une mobilité, voir une hyper-mobilité lors d’attraction, et les visiteurs côtoient des mises en situation venant de tous les temps :  Comme dans une nouvelle de Heinein ou d’Asimov, on a l’impression d’entrer et de sortir du temps dans un brouillard spatio-temporel où les siècles se confondent. Umberto Eco. A l’inverse du parc naturel, dans le parc d’attraction le temps est accéléré.

 

Eva-Marie Daniel Lacombe

Annabelle Hucault

Iris Kolivanoff

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