La contre-culture appliquée à l’architecture : une alternative proposée par Teddy Cruz

Image

 

La scène architecturale, tout du moins une partie, se saisit de nos jours de recherches et de questionnements sur les grandes transitions de la planète. La quête d’une nouvelle posture visant à se rapprocher d’une conception durable de l’architecture marque une forme d’opposition chez certains architectes. L’émergence de ces acteurs rallie de plus en plus de personnes autour de la cause. L’effet boule de neige se fait par un désir d’implication au changement, un besoin de négation et de distanciation.

Les horizons nord américains font partie des territoires concernés par le renouvellement idéologique. La pensée écologique s’affirme, elle entraine des collectifs de plus en plus nombreux et variés. Son enracinement se fait dans les régions nanties mais sa croissance est globale. Parmi les acteurs concernés dans le continent nord américain il convient de nommer Teddy Cruz, pour qui « les projets urbains les plus intelligents, ces dernières années, viennent d’Amérique latine : ils équilibrent interventions planifiées et initiatives communautaires, constructions formelles et spontanées, incluent les réseaux sociaux et l’économie informelle pour faire émerger de nouvelles formes d’urbanisme, libérées de la logique néolibérale. Les réponses les plus intéressantes à la crise mondiale de l’urbanisation viennent des conditions de rareté, pas d’abondance. »

Une part de sensibilisation des collectifs se trouve dans l’imaginaire proposé, disjoint ou opposé à certains vices de la réalité. L’univers revêt un caractère utopique et propose d’autres pratiques. Le dialogue entre différentes personnalités est la base de l’action participative, il apporte une autre vision : renversement des échanges, raison de l’innovation, intérêt de l’architecture dans la transformation des choses.

Architectes et habitants sont tout autant responsables et s’associent donc dans la réflexion du processus architectural. Le facteur social et participatif est essentiel aux manifestations et remet en cause la négligence de l’humanité par une architecture d' »objet » et de communication. La distanciation est donc marque de « contre ». L’imaginaire projeté s’ancre dans une réalité en prenant compte des suffisances et des difficultés pour y répondre de manière collective. La diversification des points de vue génère des émulations qui augmentent la prise en considération des divers manques à combler dans la société. Le fait de « faire » est déjà une réponse aux problèmes suscitant des actions.

De manière ciblée, le travail de Teddy Cruz se penche sur l’habitat précaire. Notamment sur les frontières latino-américaines, où transitent de manière opposée migrants venant du Sud et déchets venant du Nord. Le concept de « ville informelle » lui est cher car il permet une forme de transgression des politiques et modèles économiques imposés. L’opposition se fait au moyen de réappropriation de codes et pratiques davantage axées sur une pensée de « civilisation ». Ses interventions sont ciblées et à échelle réduite sur le territoire américain, où il conçoit « une micro-politique urbaine, qui permet d’utiliser les terrains et le cadre économique pour que ce quartier se développe et s’autogère ».

L’individualité est reniée pour laisser place à la communauté. L’affirmation de la communauté doit elle se penser avec l’architecte afin de lui apporter certaines interprétations esthétiques. Le rôle de l’architecte est également important dans sa faculté à produire une corrélation entre différents acteurs pouvant servir aux nouvelles formes d’interventions durables. La proximité entre usine et main d’oeuvre doit avoir un effet de vases communicants et ainsi profiter également aux populations. La participation d’usines peut par exemple être réalisée par l’apport de matériaux servant à la construction d’habitats (cas de Tijuana). L’architecte devient alors un maillon essentiel dans l’engrenage d’une architecture durable, où les habitants ne demeurent plus « receveurs » d’un processus mais aussi acteurs.

En finalité, cette action « a permis un activisme à petite échelle qui modifie la rigidité de la planification urbaine discriminatoire de la métropole américaine et explore de nouveaux modes de durabilité et d’accessibilité ».

 

Matthieu Bouchaud // Maxime Bougon // Florent Verdes

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s