Le Park, un espace de libre enfermement

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Un parc à thème est un lieu spécialement aménagé pour les loisirs. Un espace fermé où le visiteur se rend principalement pour s’amuser. Mais il est possible qu’il n’y aille pas seulement pour les attractions à grandes vitesses, et qu’il prenne un certain plaisir à être enfermé. Pour illustrer ces propos, nous observerons les parcs à thèmes mais aussi celui inventé par Bruce Bégout : le Park. Un condensé de toutes les formes de parcs imaginés par les hommes, même les plus monstrueux comme les camps de concentration par exemple.

 « Sa majuscule signale sa singularité absolue. Ce lieu exprime en quelque sorte l’essence universelle des parcs réels et possibles. C’est le parc de tous les parcs, la synthèse ultime qui rend tous les autres obsolètes. »

 

« Ce n’est donc pas un thème particulier sui singularise le Park mais son absence. A moins que l’on ne dise qu’il est son propre thème … Le parcage est l’idée même qu’il met en scène »

 

Rassurer le visiteur dans un microcosme de ville :

 A l’intérieur du parc se regroupent de nombreux individus d’horizons différents. On s’y promène comme lorsque l’on déambule dans les rues de sa ville mais pourtant on s’y sent plus en sécurité. Le sentiment d’être protégé par les limites ? Comme si le parc d’attraction était une bulle où l’on se sentait en confiance, rien ne risque d’arriver. Même si l’on se perd on retrouvera toujours son chemin. Les gens sont rassurés par cet encadrement qu’il soit physique comme les limites même du parc ou alors psychologique par la présence de personne indiquant son chemin et qui veillent au bien-être des visiteurs.

 Le parc à thème aurait donc ses propres codes, propres lois, propres langages. On pourrait le définir comme un microcosme de ville avec ses propres habitants et ses propres usagers. Car il n’ y a pas seulement que des attractions, une véritable économie s’y développe : commerces, restaurants, distributeur d’argent. En plus de l’entrée qui est payante, tout est fait pour que le spectateur consomme.

 

Pour échapper à la vie quotidienne :

Dans ces espaces clos tout est fait pour couper le visiteur de l’extérieur : l’architecture, les stimuli, l’organisation spatiale, mais aussi et surtout le thème. Alors lorsque l’individu passe les grilles, il entre dans un nouveau monde, synonyme de détente et c’est cela qui vient créer une rupture avec la vie quotidienne.

Dans le Park, on retrouve cette envie de se séparer du rythme de vie quotidien, Bruce Bégout l’extrapole même, comme une critique des parcs à thèmes : Seulement accessible aux personnes les plus riches de la planète, le visiteur sera amener à être confronté avec des éléments excessivement perturbants sortant de l’ordinaire. Le Park est conçu pour se perdre, ressentir la peur, la solitude, l’enferment.

« Personne ne peut dissimuler son ahurissement teinté de malaise lorsqu’il achève la visite du Park. »

 Dans ces deux cas, l’architecture devient elle même une attraction, elle crée une rupture à la fois spatiale, temporelle et environnementale. Une attention toute particulière devrai être accordée à l’architecture de l’entrée du parc : elle doit surprendre visiteur et le plonger très rapidement dans l’atmosphère du parc.

Ainsi il faut réussir à créer un monde parfait en décalage avec la vie quotidienne

Des espaces clos, espaces d’enfermement mais aussi et surtout des espaces de l’imaginaire puisque ces parcs ont été conçus comme des produits au croisement des industries de l’imaginaire et de l’aménagement.

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