Edwar Ruscha, dans les pas de Marcel Duchamp.

Dans le début des années 60, Edwar Ruscha, un peintre, photographe et réalisateur américain, décide de faire un road trip afin de photographier des stations-services. Il alla même jusqu’à dire que les images composant son premier livre « Twentysix Gasoline Stations » (1963), étaient comme une extension du Ready Made de Marcel Duchamp, sous une forme photographique.

 

Ce livre présente donc 26 photographies de stations-services en noir et blanc, reproduites à côté de légendes indiquant la chaine et le lieu. Il commence par la première station-service « Bob’s service » à Los Angeles où Ruscha vit à l’époque, puis il suit un trajet jusqu’à Oklahoma City pour finir par une station Fina de Groom au Texas. Ruscha la voit comme le début de son voyage retour.

« It was like going out in a certain direction and then backtracking… I wanted something to appear kind of awkawar there, almost like a coda. »

Il fait référence ici au monde de la musique classique. La coda est un signe de reprise permettant de remplacer une phrase suspensive par une phrase conclusive. On dit souvent qu’elle est thématique, elle doit présenter des éléments déjà entendus. Toutes les stations sont situées sur la route 66, une voie déjà mythique. Il traverse ensuite tous les états dans l’ordre, en passant par la Californie, l’Arizona, le Nouveau-Mexique, le Texas, l’Oklahoma, puis, apparait une exception dans son parcours, il finit par le Texas, qu’il avait déjà parcouru. Il annonce donc la fin.

 

Lorsqu’il fait référence au ready-made, il insinue que ces stations-services seraient comme des objets manufacturés, désignés comme des œuvres d’art. Les ready-made sont des œuvres d’art qui n’ont pas été réalisées par l’artiste. Ici, Edwar Ruscha n’intervient que pour les sélectionner, changer leur contexte et leur statut en disant « Ceci est une œuvre d’art », pour citer Marcel Duchamp.

« J’ai éliminé tout texte de mes livres – je veux un matériau absolument neutre. Mes images ne sont pas intéressantes, pas plus que leur sujet. Ce n’est qu’une collection de faits, mon livre est plus une collection de ready-made… Il vaut presque le frisson de 400 livres exactement identiques empilés devant vous. »

Edwar Ruscha présente donc les stations-services comme des objets déchargés de signification. Il est une sorte de précurseur de la nouvelle objectivité. Ses photographies sont destinées aux premiers livres d’artistes américains qui paraissent au début des années 1960. Elles revendiquent leur banalité, et semblent rechercher une absence de style. Il ne rend pas les stations-services plus utiles, il prend une distance, et les enterre.Image

 

 

Hélène LACOMBE

Jessica GERARD

Blandine FAUQUET

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