Les Harleys –  » a subculture of cosumption »

Pour comprendre comment les gangs de bikers se sont formés, nous nous appuyons sur l’ouvrage de John W. Schouten & James H.Mc Alexander, “ Subcultures of Cosumption : An Ethnography of the New Bikers”, Journal of consumer research, publié en 1995. Cet ouvrage correspond à une étude ethnographique et sociologique d’un groupe de bikers, les Harleys, dont la spécificité est la possession d’une Harley Davidson, comme signe d’appartenance au groupe. Les deux auteurs racontent leur progressive immersion dans ce gang et leur comprehension de sa hierarchie. Ce qui est important de noter dans un sujet tel que les gangs de rue ou bikers d’aujourd’hui, c’est que ce sont les organisations les plus influentes de la vie moderne, lié à leurs activités et relations aux personnes.

Un gang peut prendre plusieurs définitions, chaque gang participe à la création de sa propre catégorie, dans le désir de se différencier de la majorité. John W.Schouten et James McAlexander qualifient les Harleys comme un exemple de “subculture of cosumption”, que l’on peut rapprocher d’une culture liée ici à un objet de consommation : la moto Harley Davidson. Cette “subculture of cosumption” se définit par l’intérêt pour un même objet de consommation, ici moyen de transport, une marque, une activité de consommation, mais aussi une structure sociale, des valeurs, jargons et rituels. Dans les stéréotypes useuls gravitant autour des bikers, on les associe souvent aux “outlaws”, ou hors-la-loi, dont les traits de caractère reposent sur la violence, les manifestations accrues de leur présence et la peur qu’ils peuvent diffuser, tel que le gang des Hells Angels. En réalité un gang de bikers contient des membres impliqués à différents degrés dans le groupe. Trois catégories sont ressorties ; les “riders”, “dealers” et “corporate marketing decision makers”. Ces trois branches du gang montrent très clairement les différents domaines que les bikers veulent influencer ; le monde de la route (cf Dennis Hopper, Easy Rider, 1998), le monde du trafic de drogue/ objets/ matériel et enfin le monde économique (pression exercée, pouvoir sur le marché existant). Un même gang peut également contenir plusieurs sous-groupement orientés chacun vers des valeurs qui peuvent différer, des spécialités et hiérarchies particulière. Le terme de biker est en fait général puisqu’il regroupe un grand nombre d’hétérogénéité au sein d’une même unité. Enfin certain bikers n’appartiennent à aucun sous-groupe et préfèrent être seuls ou en groupe restreint.

Les auteurs se concentrent aussi sur l’analyse de l’influence et de l’image rejetée par un gang tel que les Harleys ; leur parade en Harley Davidson étant rapprochée par exemple à un spectacle de rue, une performance. Leur influence est diffusée par divers moyens ; de leur marque de moto, leurs vêtements, leurs tatouages, styles de musique, références idéologiques aux publications qu’ils produisent tels que des magazines spécialisés. Un autre moyen de signaler leur présence est basé sur des manifestations telles que des rallyes organisés de manière légale ou clandestine.

Pour comprendre l’organisation et la hiérarchie d’un gang tel que les bikers, nous pouvons prendre appui sur l’organisation de la culture punk, en référence au travail de Fox en 1987. Il définit la culture punk sur la base d’une organisation sociale concentrique. Les membres du cercle le plus intérieur, qualifiés de “hard-core” montrent un fort engagement au style punk et à son idéologie. Viennent ensuite les “soft-core” dont l’engagement au style et valeurs punk est plus limité. Suivent les “peripherals” ou “preppie punks” qui sont plutôt fascinés par le punk et participent superficiellement à la culture punk. Malgré le dédain des ‘hard-core” pour les “preppies”, ceux-ci participent largement à la diffusion de la culture punk et ne peuvent être oubliés. C’est de la même manière que fonctionne les bikers ; des “hard-core” aux “preppies”, notamment chez les “outlaws”.

Le monde des Harleys est un domaine presque sacré, leur credo étant “Live to ride, ride to live” qui suggère un style de vie unique et basé sur une croyance en la transcendance de l’acte de conduire une Harley Davidson. Certains qualifient leur appartenance au gang basé sur la volonté de se rapprocher de la nature, d’avoir des sensations fortes, l’appréciation du bruit de l’engin, la notion de risque, le fait d’appartenir à un groupe. Lanquist (1987) considère même le fait de conduire une moto comme une expérience de “magical flight”. Il y a une certaine adoration pour la Harley Davidson, objet représentatif du gang, allant jusqu’au fait qu’il est impossible de toucher la Harley Davidson d’un autre membre sans le lui demander.

 

Baptiste Grandais

Marie Stafie

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